Mes loisirs d'adolescent

le vélo

En grandissant mon vélo d'enfant devenait trop petit. je ne sais comment j'ai hérité d'un superbe vélo mi course. Je pense que mon père l'avait acheté d'occasion à une de ses connaissances.
Avec Bernard, certains jeudis de beau temps et même en fin de semaine, nous partions sur la route de Saint Jean la Bussière pour revenir une ou deux heures après. La route n'était pas dangereuse, les voitures ou les camions étaient rares et roulaient prudemment.
Sinon je m'amusait à faire des tours dans le quartier sans trop m'éloigner.
J'aimais beaucoup mon vélo et en prenait bien soin. Il était bleu avec un guidon de course entouré de guidoline. Une manette accrochée au cadre permettait de changer de pignon en roulant.
Un dynamo fonctionnant sur la roue arrière produisait de l'électricité nécessaire à l'éclairage avant et arrière.

Souvent, je devais le réparer :
La chaîne déraillait quelquefois, je devais la remettre dans les pignons en soulevant la roue arrière tout en tournant les pédales ou bien en retournant le vélo en appui sur le guidon et la selle.
J'ai même dû la réparer en changeant un ou deux maillons.
j'ai changé à plusieurs reprises les câbles et les patins de freins que je devais ensuite régler.
Après une crevaison je devais sortir la chambre à air du pneu à l'aide de trois démonte pneu, trouver le minuscule trou en la trempant dans l'eau après l'avoir gonflée, râper autour de ce trou, y étendre de la dissolution et poser la rustine.

La lecture

Fini les petits livres pour enfants, je me plongeais dans les bandes dessinées de cow-boys : Kit Carson ou buffalo Bill. On se prêtait les fascicules entre copains. Chaque semaine ou chaque moi, je lisais aussi le journal de Mickey.

La musique

Je continuais le soir d' écouter France II l'oreille colée au poste de radio. Des concerts éraient retransmis. Mais le son était de mauvaise qualité.
Sur mon électrophone j'aimais passer et repasser le seul disque que j'avais, celui de Michel Dens.
Bibi me prêta un disque de Jacques Brel ("Ne me quitte pas" , "les flamands", ...). je ne comprenais pas le sens de certaines chansons. Après une ou deux écoutes tout s'imposa à mon esprit et je trouvais cela à la fois poétique et génial. C'est ainsi que je compris sans la nommer encore ce qu'était une métaphore : "il est paraît-il des terres brûlées donnant plus de blé qu'un meilleur avril".
Pierre O. me prêta aussi des disques d'Edith Piaf.

Mon père, qui avait appris à jouer du bugle dans sa jeunesse décida de reprendre du service à l'harmonie de Thizy. Il me proposa de l'accompagner.
On me demanda quel instrument je voulais jouer. Dans ma tête, il s'agissait de la flûte. Mais je répondis bêtement "de la clarinette". Je n'ai pas osé rectifier par la suite lorsqu'on me présenta cet instrument. Je devins donc clarinettiste par défaut. Je ne le regrette pas. Mon professeur était monsieur Buffin mon ancien instituteur. Une ou deux fois par semaine j'allais en avance à l'école en début d'après midi où il me dispensait un cours dans sa salle de classe. Deux copains avaient choisi le même instrument Bernard et Pierre T.
Après quelques mois d'apprentissage nous pûmes aller dans les rangs, jouer avec tous les autres musiciens. Nous étions au pupitre de seconde clarinette.
Le chef d'orchestre était René Merlin un musicien issu du conservatoire de musique de Lyon.
Outre les marches militaires et la Marseillaise obligatoires pour les fêtes nationales, nous jouions aussi des morceaux du grand répertoire arrangés pour harmonie : Grieg, Wagner, Beethoven, ...
Mon frère Gérard, lui décida de jouer du tambour. Il eut un énorme succès lors des défilés en tête du bataillon.

Les répétitions avaient lieu le mercredi soir ce qui nous permettais après avoir veiller un peu tard de faire une petite grâce matinée le jeudi matin, jour de repos de tous les écoliers.
Nous descendions en petit groupe après le repas du soir, mon père, mon frère et moi accompagnés d'un autre clarinettiste, Jean Dumont, professeur à l'école privée de Thizy. Arrivés dans la salle de musique dans le bâtiment de la mairie, nous nous installions chacun à son pupitre, nous accordions nos instruments, et le chef nous invitait à commencer. Il y avait les répétitions de groupe ou tout le monde jouait et les répétitions de détails où seuls une catégorie d'instrument répétait inlassablement des traits de musique difficiles.
Après la répétition, nous nous retrouvions souvent chez la mère Noyelle, un café restaurant de la place du Commerce. Là on se désaltérait et parfois on mangeait le saucisson ou des couilles de moutons dans des assiettes encore grasses du menu précédent. L'hygiène n'était pas trop le fort de la tenancière, mais la cuisine était bonne.